mercredi 1 juin 2011

Evénement culturel France-Inde au Centre Pompidou

A travers son exposition « Paris - Delhi - Bombay… », le Centre Pompidou propose de faire découvrir la société indienne d’aujourd’hui à travers les regards croisés d’artistes indiens et français.

L’Inde contemporaine y est abordée à travers différentes thématiques, qui rendent compte des profonds changements d’une société en pleine expansion : politique, religion, sphère privée, identité, urbanisme, environnement, artisanat, ...

L’ambition de l’exposition est non seulement de faire découvrir la société et la création contemporaines indiennes, mais aussi de favoriser un dialogue, générer des échanges et tisser des liens durables entre nos deux cultures.

Autour de l'événement :

En complément de l’exposition, les visiteurs sont invités à expérimenter une autre approche de l'Inde contemporaine grâce à trois espaces :

- Culture numérique & dialogue entre la France et l’Inde : pour entrer en connexion avec l’Inde en consultant et générant simultanément du contenu en temps réel ;

- Le salon « Paris - Delhi - Bombay … » : sélection de titres de la presse indienne anglophone et de revues autour de l'Inde, à lire en écoutant de la musique indienne ;

- L’Inde en mouvement : projection d’un mix de documentaires, publicités et films permettant de s’immerger dans l’Inde d’aujourd’hui.

L’exposition « Paris - Delhi - Bombay … » se tiendra jusqu’au 19 septembre 2011 au Centre Pompidou.

lundi 30 mai 2011

Festival Namaste France : renseignez-vous avant d'y aller

Bien que le site Internet de Namaste France annonce toujours un Festival du Cinéma Indien à Saint-Tropez le 1er juin prochain, personne à la mairie ou à l'office du tourisme ne peut confirmer cet événement : ils ne sont pas au courant...

Les festivités liées à l'Inde sont chose rare en France ; il est dommage que l'organisation et la communication autour de cet événement n'aient pas été mieux préparées.

lundi 25 avril 2011

Défense des intérêts économiques d’un pays : oui … mais à quel prix ?

Au cours de la visite en Inde du Président Sarkozy en décembre 2010, le Français Areva et l’Indien NPCIL (Nuclear Power Corporation of India Limited) ont signé deux accords cadre pour la construction de deux réacteurs EPR à Jaïtapur, dans l’Etat du Maharashtra (ouest de l’Inde). Au total, six réacteurs doivent être construits sur le site pour une production d’énergie de 9.900 mégawatts.

Le projet ne fait pas l’unanimité au sein de la population, notamment depuis la catastrophe nucléaire japonaise de mars 2011. Le 18 avril dernier, des manifestants sont descendus dans la rue. La situation a vite dégénéré, la police est intervenue et a tiré à balles réelles sur la foule. Bilan de l’affrontement : plusieurs dizaines de personnes arrêtées, des blessés de part et d’autre…et un manifestant tué. Quel gâchis... Si l’affaire n’a pas été étouffée (merci l’Agence France Presse), peu de médias l’ont relayée.  

Dans tous les cas nous retrouvons le scénario habituel lorsqu’il s’agit du nucléaire : craintes d’un côté, (ré)assurances de l’autre - mais surtout un dialogue de sourds. Le problème ici est qu’il y a eu mort d’homme. Alors je m'interroge : à partir de combien de vies humaines un projet doit-il être remis en question ? Quelle position adopter lorsque les intérêts en jeu sont si importants ? Les acteurs économiques ont-ils l’obligation morale de s'impliquer, ou bien doit-on laisser la sphère politique gérer cela en interne ?

lundi 18 avril 2011

Intensification des relations franco-indiennes en matière de défense

L’inde fait partie de ces pays que les industriels de la défense courtisent en vue de grappiller la plus grande part possible de cet immense marché. Dans cette compétition mondiale, la France essaie de s’imposer bon gré mal gré.

Il semblerait néanmoins que nos industriels marquent des points grâce au soutien ponctuel de l’Elysée.

Alors que la première visite du chef de l’Etat en 2007 s’était faite au pas de course, on constate que l’Elysée s’est mieux adapté à son client et partenaire en prévoyant une visite plus longue et plus attentionnée fin 2010. Quoi de plus normal alors que l’Inde se positionne comme un vecteur de croissance important pour l’industrie française ?

Développer des liens grâce à différents projets de coopération :

En Inde, la France fait habituellement valoir la solide expérience de sa Marine en favorisant un axe de coopération important : la lutte anti-piraterie et la surveillance maritime.

Si les Américains sont déjà sur le pont avec la vente de P-8I Poseidon, les Français font valoir leur expérience dans un pays dont l’exposition à la mer est très importante.

Dans le Golfe d’Aden, les deux nations coopèrent depuis 2008 et rien ne remplace une expérience positive entre deux forces armées.

L’Inde commencerait-elle à voir en la France un partenaire stratégique ?

Au-delà des discours, la France peine encore à s’imposer en Inde malgré les 10 milliards d’euros d’investissements récemment prévus par le ministère de l’Economie et des Finances (investissements principalement attendus dans les secteurs de la banque et des assurances).

Pour la défense, les contrats se multiplient mais s’évaporent souvent avant même leur mise en œuvre. En effet, de nombreuses forces vives s’affrontent en Inde : les Russes sont présents depuis de nombreuses années ; les Indiens se sont tournés vers les Américains pour acquérir des technologies de pointe ; certains savoir faire israéliens trouvent leur place sur le marché indien ; l’Europe, quant à elle, tente aussi une approche (non coordonnée).

Dans le domaine de l’aviation, les choses sont tout à fait caractéristiques de cette compétition exacerbée. La France tire son épingle du jeu en offrant une possibilité de coopération technologique et industrielle, ce qui intéresse particulièrement les Indiens. Lors de la dernière visite de Nicolas Sarkozy en Inde, la Présidente indienne Pratibha Patil déclarait : « Nous apprécions tout particulièrement l’acceptation de la France à nous fournir du matériel de défense de haute technologie dans un sens qui favorise aussi le développement de notre propre industrie de défense ».

Au-delà du MRCA (Multi-Role Combat Aircraft), ce gros contrat visant à doter l’Inde de 126 avions de combat de nouvelle génération budgétisé à hauteur de 10,5 milliards de dollars, l’Inde négocie depuis des années la modernisation d’une flotte de Mirage 2000 acquise au début des années 1980 en vue de remplacer ses MiG-21 russes vieillissants.

Un horrible cafouillage franco-français a longtemps opposé les industriels Thales et Dassault. La situation devenant intolérable, l’Elysée est intervenu pour enjoindre les deux patrons à faciliter l’avancement du dossier.

Thales aurait remporté le gros lot et devrait signer au printemps ce contrat tant attendu : 2,2 milliards de dollars pour doter 51 Mirage 2000 d’une meilleure capacité d’emport en carburant ainsi que d’autres équipements. Les Mirage 2000 indiens vont passer au standard -5 au cours des prochaines années.

Cette opération est réalisée en coopération avec l’indien Hindustan Aeronautics Ltd., qui prendra part à la modernisation de 47 des 51 Mirage concernés.

samedi 19 mars 2011

La France et l’Inde : pour un renforcement des relations commerciales

Le Président de la République française s’est rendu en Inde pour la seconde fois depuis le début de son quinquennat, en décembre 2010. C’est l’occasion de réfléchir au développement des relations entre notre pays et l’Inde, et de détourner momentanément notre regard de la Chine.

La fédération indienne rassemble 17% de l’humanité. Elle est devenue la onzième économie mondiale et son taux de croissance, de l’ordre de 8% l’an en moyenne, fait d’elle un marché attractif - la classe moyenne susceptible d’acquérir une vaste gamme de biens de consommation est évaluée à quelque 300 millions de personnes.

Cependant, la France a encore du chemin à faire pour se rapprocher du géant asiatique. « L’oubli de l’Inde », que déplorait déjà le philosophe Roger-Paul Droit en 1989, s’inscrit dans la relation à éclipses qu’entretient la France avec cet Etat-civilisation.

Le passé français subsiste aujourd’hui à Pondichéry, « fenêtre culturelle de l’Inde vers la France » selon Jawaharlal Nehru, ancien Premier Ministre indien. Quelques milliers d’habitants y sont de nationalité française, et les Pondichériens constituent une bonne partie des expatriés indiens installés en France (autour de 100.000 personnes, concentrées surtout à Paris).

Les grands médias français s’intéressent encore peu à l’Inde. A titre d’exemple, nos télévisions et journaux qui avaient dépêché une armada de correspondants pour couvrir les Jeux Olympiques de Pékin sont restés muets sur les Jeux du Commonwealth organisés à New-Delhi en octobre 2010 - cet événement, qui a lieu tous les quatre ans, a pourtant mis en compétition 7.000 athlètes venus de 70 pays.

Nos établissements d’enseignement supérieur commencent à attirer des étudiants indiens, normalement prompts à s’expatrier. Mais sur les 100.000 qui se trouvent à l’étranger, la France n’en accueille pour le moment que 1.900 (ils sont 15.000 au Royaume-Uni). L’augmentation du nombre d’étudiants indiens en France devrait néanmoins se poursuivre grâce au soutien de la France aux programmes de bourses et l’incitation franco-indienne à des partenariats entre établissements pour développer les accords inter-universitaires. Un projet d’université franco-indienne est également lancé, et de grandes Écoles françaises ont tissé des liens étroits avec l’Inde : l’INSEAD de Fontainebleau, l’Ecole des Mines de Paris, l’ESSEC qui a créé un MBA avec l’IIM d’Ahmedabad et Grenoble Ecole de Management, partenaire de l’Institut indien du Management de Bangalore.

L’intérêt français pour l’Inde est vif sur le terrain culturel : le salon du Livre de Paris a mis l’Inde à l’honneur en 2007 et les traductions d’auteurs indiens se multiplient, les films de Bollywood rencontrent un succès certain dans nos salles de cinéma, la manifestation Lille 3000 a célébré Bombay ; la France dispose par ailleurs de centres de recherche renommés sur l’Inde tels que le CERI, le CEIAS à l’EHESS, l’INALCO…

Nos relations politiques bilatérales se sont étoffées depuis 1998 avec le lancement d’un partenariat stratégique, la venue du Premier ministre indien à Paris en 2005, 2008 et 2009, la visite du Président Chirac à New-Delhi en 2006, puis du Président Sarkozy en 2008 et en 2010. Au niveau étatique, la relation est à la fois stratégique (nucléaire civil, coopération militaire), diplomatique (la France soutient la candidature de l’Inde à un siège de membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU) et universitaire (des équipes de chercheurs travaillent sur des projets relatifs aux neurosciences, à l’exploration spatiale, etc.).

C’est surtout au niveau économique que nos relations doivent progresser : seules quelque 300 entreprises françaises sont implantées en Inde, un chiffre qui tend cependant à augmenter. Le manque de cadres français véritablement anglophones, la complexité du marché indien et sa culture très différente de la nôtre apparaissent encore comme des freins qu’il sera nécessaire de lever progressivement.

Ces points ne suffisent pourtant pas à justifier le manque de présence économique française en Inde. Pour l’expliquer, il faut aussi reconnaître la faible propension au « grand large » d’un capitalisme français converti à l’Europe, mais spontanément peu porté vers les horizons lointains - même si ces derniers sont porteurs de nombreuses opportunités.

Politique, culture, enseignement, commerce, tous ces pôles ont une grande importance dans les relations franco-indiennes. Ils convient néanmoins de veiller à ne pas laisser le « génie français » prendre le dessus, sans quoi le commerce risquerait de passer après tout le reste…